En stage chez Ombelliscience, Renan Guerniou met en lumière trois Savanturières

Publié par Ombelliscience -, le 22 juin 2026

Dans le cadre de sa mission de partage des savoirs et de soutien à l'engagement des jeunes, Ombelliscience a accueilli Renan Guerniou, actuellement en classe de 2de au lycée Sainte-Famille à Amiens (80) pour son stage d'observation du 8 au 19 juin 2026. Durant ces deux semaines d'immersion, il a pu explorer l'univers de la culture scientifique au travers des activités de l'association.

Dans ce cadre, il a choisi de mettre en lumière 3 portraits de femmes scientifiques parmi les portraits présentés dans l’ouvrage Savanturières. Une histoire naturelle au féminin publié par le Muséum national d'Histoire naturelle en 2025.

Dans l’histoire, de nombreuses femmes n’ont pas laissé de trace d’elles, malgré leur travail remarquable. Elles ont fait avancer la science de manière significative ou l’ont protégée et sauvegardée, mais l’Histoire ne s’en est pas souvenue.

Aimée Fournier de Horrack (1876-1952) :

Cette femme fut l’une des plus grandes lépidoptéristes du XXe siècle. Un lépidoptériste est une personne collectionnant des lépidoptères, autrement dit des papillons. Elle en a possédé jusqu’à 45 000 ! Elle intégra la Société entomologique de France (SEF) en 1919 et publia sa première étude sur sa collection en 1921. Elle fut aidée par Odette du Puigaudeau, qui réalisa ses croquis scientifiques à l’aquarelle. Elle publia beaucoup d’études sur sa collection durant sa vie, se faisant aider par différentes personnalités de l’entomologie de l’époque, comme Ferdinand Le Cerf. En 1947, sa collection de lépidoptères fut classée Monument historique, puis offerte au Muséum d’Histoire naturelle en 1957, cinq ans après sa mort. Elle contribua grandement à l’entomologie française durant toute sa vie.

Marie Dujardin-Beaumetz Lemoine (1887-1984) :

Après ses études au lycée Molière, elle intègre en 1906 le laboratoire de cryptogamie. La cryptogamie est l’étude des plantes sans fleurs ou sans autre moyen visible de se reproduire. Elle fait sa thèse de doctorat sur les algues calcaires en 1911 et reçoit le prix Montagne en 1912. En 1916-1917, elle a déjà publié une quinzaine d’articles sur les algues calcaires et devient rapidement une spécialiste mondialement reconnue. En 1940, elle se retire à La Bezole, dans l’Aude. En 1950, elle reprend la publication d’articles après une décennie d’interruption. Douze ans plus tard, elle revient s’installer à Paris. Elle se consacre désormais à l’étude des algues fossiles. Lors de son décès en 1984, elle aura consacré quasiment 75 ans de sa vie à l’étude des algues calcaires et des fossiles, publiant de nombreux articles et étant une experte mondialement reconnue, sans jamais recevoir de prix. Elle a également énormément contribué à la classification des fossiles.

Yvonne Oddon (1902-1982) :

Yvonne Oddon fit ses études pendant quatre ans à l’École américaine des bibliothécaires avant d’être recrutée au musée d’Ethnographie le 1er janvier 1929. Elle fut ensuite transférée au musée de l’Homme en 1938. Lors de l’Exode de mai-juin 1940, elle s’installe dans la bibliothèque, envoyant vêtements et livres aux prisonniers de guerre. En juillet-août 1940, elle constitue, avec les ethnologues Boris Vildé et Anatole Lewitsky, le noyau fondateur du Réseau du musée de l’Homme. En décembre 1940 paraît le premier numéro de « Résistance, bulletin officiel du Comité national du salut public ». Ce journal fut imprimé dans les sous-sols du musée de l’Homme, en toute illégalité. Malheureusement, le réseau est dénoncé en 1941. Les sept hommes capturés furent tués, mais les trois femmes furent déportées dans des camps de concentration. Yvonne Oddon survécut et retourna à son poste de bibliothécaire en 1946. Grâce à elle, de nombreux livres ont pu être sauvés, et le musée de l’Homme resta ouvert grâce à elle pendant la guerre. Elle soutint également les prisonniers de guerre et les soldats.