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« Transmettre la science au grand public demande avant tout de savoir s'adapter à son interlocuteur » : rencontre entre un lycéen et un astronome

Publié par Ombelliscience -, le 23 juin 2026

Dans le cadre de sa mission de partage des savoirs et de soutien à l'engagement des jeunes, Ombelliscience a accueilli Renan Guerniou, actuellement en classe de 2de au lycée Sainte-Famille à Amiens (80) pour son stage d'observation du 8 au 19 juin 2026. Durant ces deux semaines d'immersion, il a pu explorer l'univers de la culture scientifique au travers des activités de l'association.

Dans ce cadre, il a interviewé Florent Deleflie, astronome et spécialiste des calculs de trajectoire, Président de l’association des Groupes Scientifiques d’Arras, structure membre d’Ombelliscience. Il est également président de l’Académie des Sciences, Lettres et arts à Arras depuis 2022. Il lui a posé des questions sur ses études ainsi que sur ses motivations et ses projets futurs.

Tout d’abord, il l’a interrogé sur son parcours, ainsi que sur la manière dont il a eu l’idée de devenir astronome :

Depuis l’école primaire, il observait les étoiles avec son père, et il a rejoint un club d’astronomie en CE2. Au lycée, il suit un parcours scientifique, passant un bac C (aujourd’hui, ce serait un bac avec les spécialités mathématiques et physique-chimie) pour ensuite entreprendre une licence ainsi qu’une maîtrise (master) en mathématiques pures. Il rejoint ensuite l’Observatoire de Paris en 1998. Pour entreprendre sa thèse, il intègre ensuite l’Observatoire de la Côte d’Azur qu’il soutient en 2002. Il rejoint l’Observatoire de Paris en 2010, ce qui lui permet depuis sa ville d’Arras de s’investir également dans des projets de diffusion de la culture scientifique.

Reconnu pour ses qualités de vulgarisateur scientifique, Florent Deleflie explique que transmettre la science au grand public demande avant tout de savoir s'adapter à son interlocuteur. Selon lui, « il faut d'abord avoir le sourire ». Il souligne également l'importance de s'adapter au niveau de connaissances de chacun : expliquer quelque chose de déjà connu risque d'ennuyer son auditoire, tandis qu'un discours trop complexe peut le décourager. Enfin, il insiste sur la nécessité d'être clair et précis, car il ne faut pas faire l’amalgame entre « rendre accessible » et « simplifier à outrance » au risque de dire des contre-vérités scientifiques.

Concernant ses domaines de prédilection, il aime à se définir en tant qu’ « astronome de proximité » s’intéressant à l’astronomie de la planète Terre. Il se passionne particulièrement pour l'étude du trafic spatial dans l’environnement proche de la Terre. Cet enjeu, lié aux débris spatiaux, est aujourd'hui devenu majeur pour les activités spatiales, car ces objets en orbite représentent un risque croissant pour les satellites et les missions futures. De plus, au cours des 10 prochaines années, avec l’essor des flottilles pour l’internet depuis l’espace (comme starlink), il y aura davantage de nouveaux satellites lancés que tout ce qui a été lancé depuis Sputnik en 1957. De plus, l’espace est le lieu de luttes d’influence entre États et opérateurs de satellites, siège de nombreux enjeux de souveraineté et d’observation de la Terre, auxquels s’ajoutent désormais des enjeux commerciaux.

Les qualités requises pour devenir astronome, selon lui, sont au nombre de quatre :
- avoir de l’intérêt pour cette profession
- avoir l’esprit ouvert sur le monde
- être plutôt fort en mathématiques et également en anglais.

Actuellement, il y a de grands objectifs dans la ligne de mire des chercheuses et chercheurs :
- obtenir une précision de l’ordre du millimètre dans l’observation de la Terre
- protéger le ciel de la pollution lumineuse, de plus en plus présente dans nos pays, et y compris celle qui vient de l’espace (les flottilles de satellites)
- les enjeux géopolitiques, comme l’accès à l’espace ou encore la gestion des débris spatiaux. En effet, les débris spatiaux sont un véritable enjeu, car ils complexifient les calculs de lancement des satellites et augmentent les coûts.

Les groupes scientifiques d'Arras organisent des événements liés à l'astronomie.