L’Animaconf de l’ULCO au service de la recherche scientifique : favoriser la compréhension au sein d’un consortium multidisciplinaire

Publié par Patrick Augustin, le 7 avril 2026

Dans le cadre du programme Interreg France–Wallonie–Vlaanderen et du projet de recherche SALOMÉ, l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) a accueilli, le 24 mars 2026, le workshop “OpenFAST & Wind Energy Modeling”. Avec le soutien du Pôle de Recherche MTE, cette journée scientifique a réuni les partenaires français et belge du consortium autour d’un objectif commun : faire progresser la compréhension et la modélisation du comportement des éoliennes, en s’appuyant notamment sur l’outil OpenFAST.

Une journée dédiée à la modélisation des éoliennes

Le workshop s’est articulé autour de plusieurs axes de travail essentiels :

  • Retour d’expérience : partage des usages, des bonnes pratiques et des premiers résultats
  • obtenus avec OpenFAST au sein du consortium ;
  • Point d’avancement : discussion sur l’état des différentes tâches, les développements en cours et les perspectives ;
  • Focus applicatif : adaptation spécifique du modèle OpenFAST à la turbine des Fiefs, objet central de plusieurs travaux du projet.

Ces échanges ont permis de croiser les approches et de consolider les avancées scientifiques dans un domaine où la modélisation multi-physique est particulièrement complexe.

Un consortium riche… et exigeant

Le projet SALOMÉ s’appuie sur un consortium transfrontalier réunissant des chercheurs issus de plusieurs institutions : ULCO, Université de Mons, Polytech Mons, Ghent University et le centre d’innovation Multitel. La richesse de ce collectif repose sur la diversité de ses expertises :

  • analyse de données et recherche opérationnelle appliquée aux systèmes électriques,
  • capteurs à fibres optiques et instrumentation avancée,
  • dynamique atmosphérique, télédétection, mesures in situ et modélisation météorologique,
  • électronique de puissance et conversion d’énergie,
  • technologies photoniques (lasers, amplificateurs, réseaux de Bragg).

Une diversité qui constitue une véritable force pour le projet… mais qui pose également un défi majeur : comment faire dialoguer efficacement des spécialistes issus de domaines très différents ?

Présentation des résultats par les chercheurs du consortium lors du Workshop “OpenFAST & Wind Energy Modeling” du projet de Recherche SALOMÉ du programme Interreg France–Wallonie–Vlaanderen 

Une réponse originale : l’Animaconf de l’ULCO

C’est précisément pour répondre à ce défi qu’une Animaconf exceptionnelle, spécialement conçue pour les chercheurs, a été proposée en ouverture du workshop. Loin d’un simple moment de vulgarisation, cette intervention avait un objectif clair : « faciliter la compréhension mutuelle au sein du consortium », en rendant accessibles des notions fondamentales de mécanique des fluides et de dynamique atmosphérique. Des concepts pourtant essentiels pour appréhender correctement le comportement des éoliennes, leur performance et leur durabilité.

Une mise en scène marquante

La séquence débute de manière volontairement classique. Après une présentation de l’ULCO, Patrick Augustin introduit les bases théoriques de la mécanique des fluides à l’aide d’une diapositive dense, illustrant le théorème de Bernoulli à travers une série d’équations.

Mais très vite, la situation bascule...

Un écran bleu apparaît, simulant une erreur critique. Des bugs s’enchaînent. L’auditoire s’interroge. Puis, surgit un avatar inattendu : Albert Einstein. Avec humour, il invite à abandonner l’approche purement théorique pour adopter une méthode plus engageante : l’Animaconf.

Une musique démarre. L’atmosphère change. L’Animaconf Show est lancée.

Une mise en scène pour surprendre le consortium et les préparer à plonger dans le concept de l'Animaconf de l'ULCO

Apprendre en expérimentant

La salle se transforme alors en véritable espace d’expérimentation :

  • des télécommandes interactives sont distribuées au public,
  • les dispositifs expérimentaux sont dévoilés,
  • les participants deviennent acteurs.

Les expériences s’enchaînent, mêlant démonstrations, quiz et échanges :

- Compréhension de la brise de mer à travers les gradients de température
- Exploration des jets de basse couche, essentiels pour l’éolien
- Illustration du principe de Bernoulli
- Mise en évidence des cisaillements grâce à une machine à tornade

Démonstrations de la brise de mer à travers les gradients de température, exploration des jets de basse couche, illustration du principe de Bernoulli, mise en évidence des cisaillements grâce à une machine à tornade, l'Animaconf permet à un consortium large et multidisciplinaire de mieux appréhender des thématiques au-delà de leurs domaines d’expertise.

Pr. Patrice Mégret directeur du service d'Electromagnétisme et Télécommunications de la Faculté Polytechnique précise : « Nous avons appris de très bonnes choses intéressantes surtout quand on est pas dans le domaine». En effet, chaque phénomène est expliqué de manière visuelle, concrète et interactive, permettant aux participants de s’approprier des notions parfois complexes. D’ailleurs, Dr. Karima Chah confie :« On se croirait dans c’est pas sorcier ! C’était très intéressant et j’ai appris plein de chose». Mariline Mura (Administrative support) témoigne son engouement pour l’Animaconf : « On était scotché… de découvrir toutes ces démonstrations, c’était très intéressant ! »

Un levier puissant pour la compréhension collective

Au-delà de son aspect original, cette Animaconf a démontré toute son efficacité dans un contexte scientifique exigeant. Elle a permis :

  • de créer un socle commun de connaissances,
  • de faciliter les échanges entre disciplines,
  • de mieux interpréter les résultats du projet SALOMÉ,
  • et de renforcer la cohésion du consortium.

Dans un projet où les interactions entre atmosphère, structure, capteurs et systèmes électriques sont nombreuses, cette compréhension partagée est essentielle.

Une nouvelle forme de médiation… entre experts

Traditionnellement, la médiation scientifique s’adresse au grand public. L’Animaconf montre ici qu’elle peut également jouer un rôle clé au sein même de la communauté scientifique. L’enthousiasme de Christophe Caucheteur, responsable de Advanced Photonic Sensors Unit se fait ressentir : « C’était très instructif, accessible à un large public et surtout sympa pour les spécialistes aussi».

Le succès de cette initiative ouvre de nouvelles perspectives pour les projets collaboratifs :

  • intégrer davantage de formats interactifs dans les workshops scientifiques,
  • renforcer les échanges interdisciplinaires,
  • et développer des approches innovantes de partage des connaissances.

L’Animaconf s’impose ainsi comme un outil original et efficace, au service de la recherche collaborative et de l’intelligence collective.

Il s’agit d’une belle illustration du concept Animaconf de l’ULCO appliqué aux chercheurs, permettant à un consortium large et multidisciplinaire de mieux appréhender des thématiques au-delà de leurs domaines d’expertise.

Un immense bravo à la Team Animaconf (Sylvain Delenclos, Dominique Schneider, Véronique Vanvincq et Patrick Augustin) pour leur énergie, leur passion et leur engagement sans faille pour avoir contribué à la conception de cet outil de médiation.

Le projet Animaconf itinérante est soutenu financièrement par l’ULCO, le Pôle de Recherche MTE, la Communauté Urbaine de Dunkerque, Grand Calais Terres & Mers, la Structure Fédérative de Recherche Campus de la Mer, la DRARI, la Région Hauts-de-France, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et le Fonds Européen de Développement Régional, dans le cadre des projets CPER ECRIN et Interreg SALOMÉ.

Podium des gagnants du quiz de l'Animaconf mettant en valeur les étudiants (en master et en doctorat) des Universités de Mons, de Gand et de l'ULCO