Covid-19 : le GRAP (UPJV) participe à une étude sur les effets du confinement chez les étudiants

Publié par vanessa VASSET - UPJV, le 29 septembre 2020   200

Covid-19 : le GRAP participe à une étude sur les effets du confinement chez les étudiants

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Thème de l'étude : stress associé au confinement lié à la pandémie de COVID-19 et troubles du comportement alimentaire dans une population d’étudiants.

5 738 étudiants ont répondu à l'enquête


5 738 étudiants ont répondu à l'enquête

Pendant le confinement, généralisé en France du 16 mars au 10 mai 2020, une enquête a été réalisée en ligne auprès des étudiants de quatre universités françaises : UPJV, Université Clermont Auvergne, Université Paris Nanterre et Université Grenoble-Alpes. Les étudiants ont été interrogés sur le stress ressenti et l'impact sur leur comportement avant le confinement, pendant la première semaine du confinement et leurs intentions en termes de comportement pendant les quinze prochains jours.

Pourquoi cette enquête et une étude scientifique sur l'effet du confinement ? Le confinement lié au COVID-19 est potentiellement responsable d’un stress vécu de manière plus ou moins intense, pouvant avoir des répercussions importantes sur l’usage de drogue voire les troubles addictifs et aussi les troubles du comportement alimentaire (TCA). Particulièrement dans des populations vulnérables comme celles des étudiants. En effet, les populations étudiantes et jeunes sont particulièrement exposées aux risques liés à l’usage de drogues, aux troubles du comportement alimentaire, à l’isolement social et familial ou encore aux difficultés financières. La difficulté à gérer ses émotions, l’isolement social, la solitude, l’ennui, le manque d’activités physiques et sociales et le mal être sont connus pour influer sur la consommation de nourriture et déclencher des épisodes de binge eating suivis ou non de comportement de compensation comme le vomissement chez des personnes qui souffrent ou non de TCA. Les médias et les réseaux sociaux peuvent aussi beaucoup influencer le comportement alimentaire et aussi avoir un impact sur la préoccupation liée à l’image de son propre corps. L’exposition aux informations relayées par les médias sur la pandémie peut aussi influencer le comportement.

Étude sur les réponses de 5 738 étudiants

Au total, 5 738 étudiants (dont 1 982 de l’UPJV, soit 35% ; et environ 75% de filles) ont complété les questionnaires les interrogeant sur les facteurs liés au confinement, le stress, leur humeur, leur image corporelle, le binge eating et la restriction alimentaire.

L'étude menée à partir de cette enquête révèle plusieurs enseignements :

  • Parmi les étudiants les plus stressés, il y a généralement plus de filles, particulièrement influencés par les facteurs de stress liés au confinement et à la pandémie, présentant plus de risques de troubles du comportement alimentaire et de comportement problématique vis-à-vis de l’alimentation.
  • Parmi la population moyennement stressée sont rencontrés plus de comportements à risque addictif (alcool, tabac, cannabis et jeux en ligne).
  • Les moins stressés se caractérisent par un support social plus important que les deux autres populations.
  • Parmi la population, environ 38% étaient à risque de présenter des symptômes de troubles alimentaires (une grande majorité d’étudiants ayant répondu oui à la question "Diriez-vous que la nourriture est quelque chose d'important dans votre vie ?").
  • Le stress lié aux conditions du confinement (rupture des habitudes, ré-organisation de son travail, hébergement, isolement, exposition à la couverture médiatique, préoccupation financière) mais pas celui lié à la pandémie elle-même (peur d’être touché par la maladie) est associé avec un risque accru de binge eating et de restriction alimentaire la première semaine de confinement ainsi que les 15 jours suivant l’enquête. Ce risque accru est associé avec d’autres facteurs de risque déjà connus comme le fait d’être une fille, une faible capacité à réguler ses impulsions, un IMC important, avoir une mauvaise image de son corps et le fait d’avoir déjà un probable trouble du comportement alimentaire.

Cette étude souligne enfin le fait que le confinement, surtout au début avec une durée du confinement qui est incertaine, peut avoir des conséquences particulièrement délétères chez les étudiants qui ont déjà des facteurs de risque à développer des TCA. Il est donc important de dépister les étudiants à risque afin de mettre en place des interventions ciblées et éviter les conséquences délétères dues au stress du confinement.

L'étude dans son intégralité est à lire ici.