Lutter contre la désinformation par la science : retour sur la première Animaconf 2026 de l’ULCO
Publié par Patrick Augustin, le 7 février 2026
La première Animaconf de l’année 2026 de l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) s’est tenue, ce jeudi 5 février 2026, dans l’amphithéâtre de la Maison de la Recherche en Environnement Industriel, autour d’un thème au cœur des enjeux contemporains : la lutte contre la désinformation. Présentée par Sylvain Delenclos, Dominique Schneider et Patrick Augustin (nos trois mousquetaires de l’Animaconf), cette rencontre a rassemblé plus de 50 participants, majoritairement des élèves de 3ᵉ du collège Jules Ferry, en présence d’un invité spécial : Emmanuel Ducourneau, explorateur et anthropologue au CNRS.
Un enjeu démocratique majeur
La désinformation constitue aujourd’hui un véritable danger pour nos sociétés démocratiques. En faussant le débat public, en polarisant les opinions et en entravant la capacité des citoyens à faire des choix éclairés, elle fragilise le vivre-ensemble et la confiance collective.
À l’ère du numérique, l’information circule à une vitesse fulgurante via les réseaux sociaux, les sites web et les plateformes de partage. Si cette circulation accélérée favorise l’accès au savoir, elle ouvre également la porte à la diffusion massive de fausses informations. Ce phénomène est en partie amplifié par le modèle économique des plateformes numériques, dont les algorithmes privilégient des contenus fortement engageants (images, vidéos ou récits marquants) parfois au détriment de leur véracité. Un terrain particulièrement propice à l’émergence et à la propagation des fake news.
La démarche scientifique comme rempart
Face à ce constat, l’Animaconf a proposé aux participants des outils concrets pour lutter contre la désinformation, en mettant l’accent sur la démarche scientifique. Celle-ci a été présentée comme un cadre structurant permettant de distinguer les faits établis des idées reçues, d’évaluer les sources et de questionner les informations avant de les accepter comme vraies.
À la fois instructive et divertissante, cette Animaconf a alterné explications accessibles, échanges avec le public et démonstrations scientifiques réalisées en direct, avec la participation active des élèves et le soutien des chercheurs de l’ULCO.
Expérimenter pour mieux comprendre
Les expériences proposées ont mis en évidence les failles de notre cerveau face à l’interprétation des informations que nous percevons. Parmi elles, la fluidisation du sable, dont Emmanuel Ducourneau est à l’origine de cette idée, dans le cadre du programme de recherche PEPR Robotique organique. Cette expérience a permis d’illustrer de manière spectaculaire certains phénomènes physiques et les pièges de notre perception. D’autres démonstrations ont établi des parallèles entre :
- les illusions d’optique de l’intelligence humaine,
- et les hallucinations de l’intelligence artificielle,
montrant que, qu’elle soit humaine ou artificielle, toute intelligence peut être trompée si elle ne s’appuie pas sur une analyse rigoureuse.
Développer l’esprit critique dès le collège
À travers cette Animaconf, plusieurs objectifs ont été poursuivis :
- encourager l’esprit critique et l’éducation aux médias,
- renforcer la résistance à la désinformation,
- promouvoir le scepticisme raisonné et la vérification indépendante des informations,
Comme le rappelle António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies :
« La lutte contre la désinformation nécessite des investissements durables dans le renforcement de la résilience de la société et de la maîtrise des médias et de l'information. »
Remerciements et soutiens
Nous remercions chaleureusement le collège Jules Ferry, Sandra Vermeesch (projet C-Décidé) et Emmanuel Ducourneau pour leur participation active à cette Animaconf ainsi qu’à Garance Colpaert, notre cadreuse en herbe pour son dernier jour de stage d’observation de 3ème.
Un immense bravo à la Team Animaconf, Sylvain Delenclos, Dominique Schneider et Patrick Augustin pour leur énergie, leur passion et leur engagement sans faille, avec une pensée à Véronique Vanvincq que nous souhaitons un bon rétablissement.
Ces travaux sont soutenus financièrement par l’ULCO, le Pôle de Recherche MTE de l’ULCO, la Communauté Urbaine de Dunkerque, Grand Calais Terres & Mers, la Structure Fédérative de Recherche Campus de la Mer, la DRARI, la Région Hauts-de-France, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et le Fonds Européen de Développement Économique et Régional, dans le cadre des projets CPER ECRIN et Interreg SALOMÉ.
