ULCO et DLEP de Dunkerque : L’alliance de la recherche et de l’éducation populaire au Congrès de l’Amcsti
Publié par Eric Fertein, le 31 juillet 2026
Du 29 juin au 1er juillet 2026, la communauté de la culture scientifique, technique et industrielle (CSTI) s’est rassemblée à Nancy à l’occasion du congrès annuel de l’Amcsti (l'Association des musées et centres pour le développement de la culture scientifique, technique et industrielle), articulé cette année autour de la thématique : « La CSTI, levier d’une démocratie éclairée ». Ce grand rendez-vous national du réseau des professionnels du partage des savoirs interroge le rôle crucial de la médiation face aux mutations de notre société. Dans un territoire en pleine transformation industrielle et écologique comme le bassin dunkerquois, où les enjeux de transition nécessitent un dialogue constant entre citoyens, chercheurs et décideurs, il était particulièrement opportun de participer à ce congrès pour faire entendre notre voix, partager nos retours de terrain et échanger sur nos pratiques avec l'ensemble du réseau.
Inscrite dans un parcours intitulé "Jusqu'où faire espace public en CSTI... et à quoi ça tient?", notre table ronde a permis de mettre en lumière la force d'un partenariat territorial structurant : la synergie étroite entre l’Université du Littoral Côte d’Opale (ULCO) et le pôle Démocratie Locale et Éducation Populaire (DLEP) de la Communauté Urbaine de Dunkerque, qui chapeaute le Palais de l’Univers et des Sciences (PLUS), la Halle aux sucres et Biotopia.
Animés par les questionnements ciblés d’Anaïs Morand, responsable du pôle programmation et médiation à la Cité des paysages, les échanges se sont articulés avec les interventions de Bernard Levant, directeur du PLUS, de Julie Giraud, responsable de la mission action territoriale à Toulouse Métropole, de Sylvain Mariette, vice-président délégué à la transition écologique au Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, et de moi-même, en tant que chargé de mission à la diffusion de la culture scientifique de l'ULCO. Ensemble, nous avons interrogé les motifs et les effets de la démarche d’« aller-vers ».
Au cœur des débats est apparu le constat partagé que le modèle classique, fondé sur l'attente passive du public dans les institutions culturelles ou universitaires, reproduit involontairement un sentiment d'illégitimité académique chez de nombreux habitants. Pour briser ce verrou, l'ULCO et la DLEP ont choisi d'unir leurs compétences complémentaires. L'université apporte la rigueur, l'expertise des laboratoires ainsi que l'engagement conjoint des enseignants-chercheurs et des ingénieurs. De son côté, la DLEP offre son maillage fin du territoire, sa connaissance intime des usagers à travers les maisons de quartier, ses équipements majeurs, et son ancrage historique dans les valeurs de l'éducation populaire.
Ce tandem repose sur une coopération partenariale fondée sur la réciprocité et le donnant-donnant. L'université met à disposition la présence des enseignants-chercheurs et des ingénieurs, tandis que la collectivité et les réseaux d'éducation populaire prennent en charge la logistique, la mobilisation locale et la convivialité des espaces d'accueil. Les scientifiques se forment aux postures inclusives et rencontrent systématiquement les médiateurs professionnels de terrain pour co-construire les formats d'intervention. La diffusion du savoir cesse ainsi d'être une leçon magistrale pour devenir un temps d'échange partagé.
Sur le terrain, cette alliance prend des visages multiples et innovants. Elle se décline à travers des rendez-vous nationaux phares comme la Nuit du Quantique à Dunkerque, ainsi que par les AnimaConf de l'ULCO, proposées lors du Printemps de l'Esprit Critique et de la Semaine des Mathématiques, ou déployées au fil de l'année au cœur des collèges et lycées locaux. Le croisement des formats atteint toute sa maturité lorsque l'AnimaConf rencontre les Apéro-rencontres de la CUD à la Halle aux sucres, créant un espace où science, convivialité et inclusion s'articulent naturellement. En reliant les sciences de pointe à la culture locale, au patrimoine, au sport ou à l'art, la démarche vise à éveiller la curiosité et l'émerveillement tout en stimulant le sens critique.
L’évaluation d'une telle démarche ne saurait se réduire au comptage quantitatif des entrées. La véritable valeur ajoutée du duo ULCO-DLEP se mesure à l'impact humain et citoyen : la parole qui se libère lorsqu'un habitant ose questionner directement un chercheur, l'enthousiasme populaire qui remplit une salle des fêtes de quartier, ou encore la capacité des citoyens à s'approprier les clés scientifiques liées aux énergies vertes et aux transitions écologiques pour devenir acteurs des décisions qui façonnent leur quotidien.
En clôture de ces échanges enrichissants, Sylvain Mariette a tenu à souligner la synergie exemplaire et la grande complémentarité d'action qui unissent l’ULCO et la DLEP de Dunkerque. Cette reconnaissance vient confirmer que lorsque l'université et la démocratie locale croisent leurs forces, la science devient un véritable bien commun, vivant, accessible et ancré dans la vie de la cité.
