D.E.PORTS / Living Space : quand la recherche, l’art et l’industrie portuaire s’unissent pour une médiation inclusive

Publié par Eric Fertein, le 1 septembre 2026

Le dimanche 7 juin 2026, le Hall AP2 du FRAC Grand Large à Dunkerque a été le théâtre d’une hybridation entre art contemporain, sciences humaines et sciences dures. Cet événement s'est inscrit dans le cadre des festivités de « Dunkerque fête la mer » ainsi que dans le cadre des actions de médiation scientifique menées par l’ULCO et ses laboratoires, en lien avec des projets de recherche-action sur les problématiques portuaires et maritimes (cf. ANR MAGNETICS, projet MESHS D.E.PORTS, projet CUD « Ce port qui nous englobe » : pilotage par Mariantonia Lo Prete).


Le Hall AP2 au FRAC : un lieu idéal pour une chorégraphie autour du monde portuaire.

La recette parfaite : Art, Sciences Humaines et Sciences Dures

Cette action repose sur un croisement interdisciplinaire total, combinant trois ingrédients majeurs dans un lieu d'art emblématique :

  • La dimension artistique et contemporaine : une performance dansée, chorégraphiée et interprétée par Julien Fouché (compagnie L'air à la surface), accompagnée d'une création sonore immersive signée Ivalmok.
  • Les sciences humaines et sociales : porté par Mariantonia Lo Prete, géographe au laboratoire TVES (Territoires, Villes, Environnement & Société) de l’ULCO, le projet explore et patrimonialise la mémoire, les corps, les gestes et les territorialités des travailleurs et travailleuses des espaces portuaires.
  • Les sciences dures : la chorégraphie intègre une machine à tornades, issue des actions de médiation développées par le pôle Mutations Technologiques et Environnementales de l'ULCO.

Un conteneur MARFRET comme espace de résonance et d'inclusion


La scénographie s'articule autour d'un conteneur

Au cœur de cette scénographie éphémère au FRAC, le processus de recherche-création piloté par Mariantonia Lo Prete a évolué autour d'un conteneur maritime, mis à disposition par la société MARFRET. Ce symbole industriel et portuaire a servi de passerelle physique et poétique entre l'identité maritime du territoire dunkerquois et l'expression sensible de la recherche-création.

Ce dispositif a également servi de réceptacle pour la machine à tornades. En ouvrant ce conteneur aux spectateurs à la fin de la représentation, l'action a permis une médiation directe et accessible, désacralisant les sciences dures pour les publics présents.

La machine à tornade, visible dans le container et sur un écran, en interaction avec le danseur.

Le projet D.E.PORTS mis à l'honneur

Cette performance est l'aboutissement concret des actions menées au sein du projet D.E.PORTS (Danser les Espaces PORTuaireS). Ce programme de recherche-création étudie la manière dont les espaces portuaires façonnent les corps et, inversement, comment le geste humain transforme le territoire.

En réussissant à introduire des machines et des concepts scientifiques dans une chorégraphie portant sur des questionnements sociaux au sein d'un musée d'art contemporain, la performance LIVING SPACE prouve que les émotions et l'interdisciplinarité sont de puissants vecteurs de médiation scientifique.