2/ Faire son autodiagnostic - "inclusion" : où en est-on dans la structure ?
Publié par Ombelliscience -, le 11 mai 2026 30
EN BREF
Ça y est, tu es prêt·e à te lancer dans l'inclusion ? Super ! Avant de commencer, n'oublie pas de faire le point pour savoir où tu en es. Pour cela rien de tel qu'un bon autodiagnostic !
A quoi ça sert ? A faire un "pas de côté" pour objectiver ta capacité à être réellement inclusif·ve. Tu pourras ainsi identifier les ressources dont tu disposes déjà ; voir à quels endroits tu peux progresser et, in fine, t'assurer que les activités de culture scientifique que tu mènes ne laissent personne de côté.
Pour faire cela on te présente ici deux outils de diagnostics :
- "KADEIloscope"
- "Spark Tool"
C'EST QUOI ? POURQUOI C'EST IMPORTANT ?
Peut-être que tu fais déjà des choses pertinentes pour ne pas exclure, ou que la structure dans laquelle tu travailles a de l'expérience en la matière, ou, qu'au contraire, il y a des endroits où vous dépensez beaucoup d'énergie pour peu de résultats... Le diagnostic permet de le révéler.
L'autodiagnostic est une étape importante dans une démarche inclusive car il permet d'analyser le projet que tu mènes ou la structure dans laquelle tu travailles ou de faire le point dans une situation donnée. C'est donc un outil d'analyse et d'auto-évaluation mais aussi un moyen de mieux mesurer ta progression en cours de projet.
Grâce à lui, tu pourras visualiser concrètement tes atouts, tes forces, mais aussi mettre en lumière tes faiblesses, les points de vigilance à avoir et même anticiper d'éventuelles difficultés.
Tu pourras ensuite mieux définir (ou redéfinir) tes objectifs en fonction de ton projet et de l'étape à laquelle tu te trouves.
L'autodiagnostic est également propice à l'échange en équipe ou avec la gouvernance afin de partager les différentes visions que chacun·e a du projet ou de la structure. C'est une base de dialogue.
Il peut se faire soit à la genèse d'un projet, soit à une étape déjà plus avancée :
- réalisé en amont d'une action, il sert de "photographie" de la situation de départ,
- réalisé 6 mois ou un an après le début du projet, il permet de constater les évolutions depuis le premier autodiagnostic et de requestionner le projet pour vérifier qu'il est toujours inclusif.
COMMENT LE FAIRE ? AVEC QUELS OUTILS ?
Lors des trois années du programme SPTT, nous avons utilisé l'outil "KADEIloscope". Mais il existe également un autre outil appelé "Spark Tool". On t'explique la différence ci-dessous.
Dans les deux cas, il s'agit de méthodes d'analyse qui requiert d'avoir du temps devant soi (2 à 3h) et de pouvoir mobiliser un ou plusieurs collègues.

Le "Kadéiloscope" est un outil pour diagnostiquer tes projets quelqu'en soit la nature (événement, exposition, atelier, concert, pièce de théatre,...).
D'où ça vient ?
Cet outil a été créé dans le cadre du projet européen "I Move" auquel a pris part le centre de culture scientifique bordelais Cap Sciences.
Comment est-il conçu ?
C'est une grille de questions construite en 6 "chapitres" : « objectifs et motivations », « équipe et ressources », « publics », « contenus », « accès et design », « communication, préparation, évaluation ». A chaque chapitre, figurent des explications théoriques et des exemples pour continuer à se former. Il évalue l'inclusion dans les différentes facettes de ton projet.
Comment l'utiliser ?
Compte 2 à 3h.
Il est préférable de le faire avec a minima un ou deux collègue·s et, idéalement, en équipe-projet (en matière d'inclusion, tout le monde est concerné et tout le monde fait partie de la solution. Alors mieux vaut le faire à plusieurs !)
Il peut s'utiliser soit de manière rapide en faisant le "scan éclair" pour chaque chapitre ; soit de manière plus approfondie en faisant le "scan détaillé". A l'issue, tu obtiendras un diagramme circulaire (figurant en page 74 et téléchargeable ci-contre) qui sert de constat graphique et peut être support à des restitutions et des présentations claires à tes collègues et directions.
Pour plus de facilité, la grille de questions est résumée en page 75 et est téléchargeable ci-contre.
L'outil est utilisable soit en version imprimable, soit en version à remplir numériquement.
Où le télécharger ?
Ici en scrollant dans la page "livrables" et en remplissant un formulaire car il est encore en cours d'évaluation.
Le "Spark Tool" sert à diagnostiquer l'ensemble de la structure (les RH, la stratégie, les partenariats, en plus des contenus et de l'accès). Il est efficace pour impliquer sa direction et/ou sa gouvernance et aboutit à l'élaboration d'un plan d'action collectif.
D'où ça vient ?
Cet outil a été conçu par le collectif européen "Diversci". Diversci regroupe des professionnels de la médiation scientifique qui plaident pour plus d’inclusion, d’équité, de diversité et de justice sociale en culture scientifique. C'est une communauté "auto-organisée et ascendante" qui s'est créée après une rencontre Ecsite en 2016 et a reçu une subvention de cette association.
Comment est-il conçu ?
Cette fois la grille de questions prend la forme d'un jeu de 20 cartes-questions qui servent de support à une animation.
Il y a 4 cartes-questions pour chacun des 5 piliers questionnés qui sont "la stratégie", "l'équipe", "le contenu", "les partenariats" et "l'accès".
Comment l'utiliser ?
A utiliser en atelier d'une demi-journée (minimum 2h).
L'outil est conçu pour un usage collectif, de préférence avec des petits groupes de discussion (max 25 personnes). Il requiert un ou une facilitatrice.
Au fur et à mesure que les participant·es répondent aux questions, ils ou elles vont déposer une gommette correspondant à la couleur du pilier sur un graphique commun à tous et toutes. Ce graphique rend visibles les résultats du diagnostic.
Les explications détaillées sont dans le guide d'animation téléchargeable ci-contre.
Où le télécharger ?
Il est en pièce jointe dans cet article en deux parties : les cartes support à l'animation et le "guide" d'animation.
CE QUE NOUS AVONS OBSERVE : RETOURS D'EXPERIENCE
Témoignage de Martin Verhoeven, chargé de mission éducation et écocitoyenneté au sein du Parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale et du Geopark Transmanche (62).
Martin a utilisé le KADEIloscope pour accompagner ses collègues à intégrer des réflexes inclusifs :
"J’ai la chance d’occuper une mission support, celle de l’éducation, ce qui me permet de collaborer avec l’ensemble des autres missions du Parc naturel régional. Cela offre l’occasion d’échanger avec mes collègues sur différents points de vigilance : qui sont les publics concernés ? Quels freins peuvent-ils rencontrer ? La communication est-elle claire et accessible ? Comment sera-t-elle diffusée ?".
Ainsi a-t-il pu impliquer, en plus de ses collègues, des partenaires sur l'inclusion. Il s'est aussi utilement servi du diagramme final comme outil graphique simple d'évaluation. Il précise néanmoins que la prise en main de Kadeïloscope nécessite un accompagnement.
Témoignage de Silvère Cappigny, médiateur au Fort de Condé (02) et Bénédicte Doyen Mériaux, directrice du Fort.
Tous deux l'ont utilisé dans le cadre de la refonte du parcours d'interprétation du Fort. KADEIloscope a servi de support aux points d'étape qu'ils ont fait régulièrement à deux. Cela a donc été utilisé comme un outil de suivi de projet et d'auto-évaluation à différents moments du projet de refonte. Il a permis de "prendre conscience de sujets oubliés" et de "relever les sujets traités".
Témoignage de Pauline Pecquet, chargée de projets à l’association A Petits pas située à Ruisseauville (62)
« Grâce à SPTT, nous avons fait un diagnostic de nos actions et nous avons été outillés pour avancer. Je me suis servie […] de « KADEIloscope » pour analyser la façon dont on fait les choses et voir où on peut les améliorer. Et même pour nous, pour transmettre en équipe ensuite, c’est utile ! »
©Clément Foucard pour la photo d'introduction
